Mes Greniers.

 

 

Ma maison a son âme, comme les vieux châteaux.
Elle me paraît si grande du haut de mes trois pommes,
Elle a même deux greniers : vous voyez, tout en haut.

Je vais vous les raconter, moi, leur petit fantôme.

 

 

Pour arriver jusqu’au premier de ces greniers,

De la porte d’entrée jusqu ‘à l’étage, un escalier de bois.
Les marches craquent quelquefois sous vos pieds.
Cà et là, jattes de terre et pâlissous trônent en rois.

 

 

Ensuite, chut ! On traverse la chambre des parents.
Puis c’est une pièce encombrée : plus tard un bureau ?

On la traverse, et au fond de celle-ci, une porte-enfant.
Alors là,  surprise : premier grenier de mon château.

 

 

Je sais que vous allez me dire que c’est bête,

Mais l’instrument de musique dans la pièce juste avant,

Me fait appeler ce grenier « le Grenier Trompette ».
Bête en effet, mais pour moi c’est tellement marrant.

 

La pièce encombrée, peu à peu, se vide des ses livres :

Papa et maman vont en faire désormais leur chambre,

C’est à côté que maintenant  ces bouquins vont vivre.
Ils auront de la place dans cette ancienne chambre.

 

 

Seulement voilà, quand les livres ont changé de domicile,

La trompette, elle, a aussi changé de propriétaire.

Le « Grenier Trompette » n’est maintenant qu’un nom imbécile.
Il faut que je lui en trouve un autre dans mon vocabulaire.

 

 

Papa rassemble là-bas anciens outils et ustensiles d’avant.
Son secret, son rêve : faire de cet endroit comme un petit musée.
Patiemment, il recompose là l’histoire de nos grands-parents.
Jeu de mots où vérité, je vais l’appeler le « Vide – Grenier ».

 

 

Il y a des multitudes de choses ici  que j’aime regarder.

Il m’arrive aussi d’utiliser plus que mes yeux.

J’aime beaucoup toucher, découvrir et vivre les objets.

J’ai la passion comme mes parents, que demander de mieux ?

 

 

Quand aux escaliers on revient, là-haut, tout en haut

En supplément de ce grenier, il en existe un de plus.

Comme l’autre, je voulais lui trouver un nom rigolo

J’ai vite cherché et je l’ai appelé le « grenier plus ».

 

Celui-là, au-dessus, est dans les combles de la maison.
Aussi long, beaucoup plus bas que l’autre et moins éclairé.
Il a plusieurs pièces séparées par plusieurs cloisons.
J’ai ainsi mille recoins pour m’amuser et me cacher.

 

 

Tous les vieux meubles de mes ancêtres viennent ici.

La maison n’est pas assez grande pour tous les loger.
Alors, on les stocke là car nous les trouvons jolis :

A donner, à oublier quelques années, jamais à jeter.

 

 

Il y a aussi plein de jouets, de linge et d’affaires.

Chacune de ces choses est pour moi une occasion,

L’occasion d’inventer des histoires et des bêtises à faire.
Car dans ma tête elles viennent toujours à profusion.

 

 

Livres, vêtements, patins à glace ou casque de moto,

J’ai des idées à revendre, des histoires plein la tête.
Maman m’écoute et me regarde, et trouve ça « rigolo »,

Mais toujours à la fin me dit « arrêtes de faire la bête ! »

 

 

Alors on redescend, pour rejoindre la partie « habitée ».

De cette grande maison, grande pour mes « trois pommes ».

Le soir venu, dans mes peluches, je reste aux aguets,

Guettant de mon lit les bruits d’un grand fantôme !

 

 

Ne vous moquez pas de moi ! Vous auriez vous aussi  peur,

Vous adultes sérieux et réalistes  que jamais rien ne surprend.

Quand la pénombre tombe et que le jour se meure ! 

Vous seriez, dans ma maison, vous aussi tout tremblant.

 

 

                                                                 Babeth.