L’ode Du Départ.

 

 

Nous l’appelions tout simplement Tata,

Mais nous la considérions comme une grand-mère.
Elle était des nôtres à tous les grands repas,

Et sans elle, la famille n’était pas vraiment entière.

 


De temps en temps, « En Bas » nous allions,

Et chez elle, nous étions toujours reçus gentiment.

Quand, entre nous, nous en discutions,

Nous nous en voulions de ne pas y aller plus souvent.

 

 

Aujourd’hui cette grande dame nous a quitté.
Son cœur doucement a pris un autre chemin
Et d’une question nous avons hérité,  

Celle de la souffrance quand nous lui tenions la main.

 

 

Cette interrogation à jamais reste en suspend :

Même si la douleur physique était calmée,

Y a-t-il eu douleur morale en s’endormant ?

Nous ne pouvons qu’espérer que cela n’ait pas été.

 

 

Nous ne reverrons plus  ces yeux pétillants

Qu’elle faisait en regardant « les petits ». 

Egrènes tes secondes, horloge du temps,

Pour qu’à la fin tu nous prennes la vie.

 

 

Jamais plus non plus nous n’entendrons sa voix,

Ses conversations qu’elle avait presque en chuchotant.
Elle parlait de son passé quelquefois,

Et nous, nous écoutions en nous taisant.

 

Quel émoi quand elle évoquait Tonton,

Quelle tendresse dans son regard

Sa voix chevrotante alors nous entendions.
L’amour unissait ces deux êtres même dans le départ.

 

 

Nous l’avons accompagné dans son dernier voyage.

L’esprit reste après le dernier soupir
Nous nous rappellerons d’elle à tout âge,

Et nous envisagerons avec elle notre avenir.

 

 

C’est de ce que nous avons vécu qu’il faut se souvenir.

C’est ensemble que nous marchons maintenant dans la vie.

Et quand, à cause de cette dernière, nous nous sentirons faiblir

C’est « Tata » qui nous fera nous ressaisir.

 

 

                                                                            Babeth.