Rêves.

 

Quand dehors le jour s’enfuit

Emporté sur un grand traîneau.
Quand la lune, comme un fardeau,

Vient éclairer ta douce nuit.

 

Quand tout ce qui fait ta vie

N’existe plus que dans l’éternité.
Quand ton corps fatigué

S’abandonne à la nuit.

 

Alors il t’apparaît,

Comme un Dieu sortit d’une légende,

Et le temps que tu as mis à l’attendre,

N’est plus pour toi que du passé.

 

Avec ses yeux, il te dévore,

Et tout ton corps en frémit.
Avec ses mains, il te saisit,

Et tu lui donnes ta vie.

 

Mais le temps s’écoule,

Comme l’eau vive dans tes mains,

Et tout doucement, s’installe le matin,

Troublant les colombes qui roucoulent.

 

Tu dois alors revenir à la réalité,

Pour aller encore  travailler.
Tu dois tout oublier.
Tu dois te réveiller.

 

Mais ça ne fait rien,

Car tu sais que la nuit prochaine,

Tu vas le retrouver dans un rêve d’ébène,

Et cela, jusqu’au dernier de tes matins.

 

 

 

                                                     Babeth.