Belle.           

 

Tu as fait irruption dans notre vie,

Brutalement, et aussi en pleine nuit.
On t’a « jeté » par dessus notre muret :

Seule, jamais tu n’aurais pu le sauter.

Ce « on », je l’ai tout de suite haïe,

Car, sans scrupule, il t’a trahit.
Celui qui peut faire ça à un chien,

En aucun cas ne s’appelle « être humain ».

 

A trois heures du matin, tu nous as regardé,

Nous pensions qu’un voisin viendrait te chercher.
Comme à huit heures tu étais toujours là,

J’ai alors commencé à m’occuper de toi.
Au début tu ne voulais même pas le pain,

Que je t’offrais au creux de mes mains.

Tu voulais venir vers moi, mais tu avais peur.

La vie jamais ne t’avais donné de bonheur.

 

Tu avais beaucoup souffert, on t’avait maltraité :

Je m’en suis vite aperçu lorsque je t’ai douché.

On t’avait limé à la base toutes les dents.
Et tu me regardais avec ce regard tremblant.

Les coups aussi sans pitié, tu les avais connu :

Tu avais peur du balai : il t’avait souvent battu.

Ton corps était recouvert de vilaines plaies,

Et ça et là, on pouvait voir aussi des abcès.

 

Je t’ai vite amené chez mon vétérinaire :

Combien ça coûterai, je n’en avais rien à faire.

Le  plus important  pour moi c’était de te soigner,

De faire établir un certificat de tous ces méfaits.

Celui qui viendrait dire « Elle est à moi cette chienne »

Ne repartirai pas de la maison avec figure humaine.

Le garde-chasse avait reçu ma déclaration :

Dix jours à nos côtés et tu avais une maison.

 

 

Ta première nuit sous notre toit s’est prolongée :

Tu es restée avec nous de nombreuses années.

Tu avais le poil blanc et marron clair par endroit,

Jamais nous n’entendions le son de ta « voix ».

Tu étais très câline et nous t’appelions « Belle ».

Tu avais le caractère et les yeux de celle qui ensorcelle.

Toujours d’humeur égale, et jamais en colère.

Tous les enfants pouvaient toujours tout te faire.

 

Tu m’as donné du bonheur et de la tendresse.

Parce que  jeune tu avais manqué de caresses.

Tu était devenue « Une mamie, oh mamie  blue »

Un animal plein de bonté « ma petite Bellou ».

C’est dur de ne plus t’avoir à mes côtés,

Et on te voyant en photo, j’ai le cœur serré.
Tu as auprès de nous fini ton grand voyage.

Merci de nous avoir laisser « Daisy » en héritage.

 

                                             Babeth