Le long de la vienne

 

 

 

 

        Le long de la vienne, du Pont St Etienne au Pont de la révolution, les femmes de la « cité » ont assuré le lavage du linge des familles du « château » pendant des centaines d’années, celles-ci ne disposant que de fontaines publiques ou tout lavage était interdit, sauf celui des « bourassous » des nourrissons.
Les gens attendaient d’avoir une grosse quantité de linge sale avant de le faire laver par une laveuse ( laveiri)

 

 

        La laveuse était propriétaire d’une grosse pierre plate au bord de l’eau, limitant son emplacement : c’était son plan de travail.
Devant cette pierre plate se trouvait un « bachou » (caisse de bois à 3 cotés) garni de paille ou d’une bonne épaisseur de toile de jute pour protéger la lavandière du froid , de l’humidité et de la rudesse du sol lorsqu’elle s’agenouillait dessus.

 

       

 

        On devenait lavandière généralement de mères en filles. C’était un métier très dur : travail par temps chaud et froid, agenouillées, poids des draps mouillés très lourds, ce qui en faisait des femmes robustes.
Elles étaient réputées pour la verdeur de leur langage.
Elles n’étaient pas organisées comme une corporation ou un syndicat, c’était une profession indépendante. Mais il n’y avait pas de retraite et elles devaient travailler toute leur vie.
Les laveuses étaient regroupées en une confrérie dite «  notre dame du peteu ».
Avant les cérémonies, on élisait un petit roi, une petite reine, et leur cour d’enfants de laveuses. Une grande procession partait du bord de l’eau avec le groupe d’enfants, deux laveuses portant bassine d’eau puisée dans la Vienne, ainsi qu'une bassine avec de l’eau et du « bleu », cette poudre bleue rendant le linge plus blanc. Ensuite, c’était la fête dans l’ Abbessaille autour de la statue de « notre dame du peiteu », toujours dans sa niche de la rue du Rajat.

 

 

        L’ installation d’ une laveuse chez Deschamps, située à droite du pont St Etienne, puis d’ autres ensuite, les a concurrencé, faisant disparaître progressivement le métier.
Les dernières lavandières se trouvaient au clos Ste Marie (à ne pas confondre avec la même rue devenue rue Henri Dumont).